Cet été caniculaire aurait dû jouer contre les abeilles : au-delà de 35°C, les fleurs arrêtent de produire du nectar, et les colonies réaffectent une partie de leurs ouvrières à la climatisation de la ruche plutôt qu’à la récolte. Un peu partout, la production de miel a reculé cette année.
Mais au Talus, ça ne s’est pas du tout passé comme prévu. De nouvelles ruches installées cette année, un emplacement qui a bien résisté à la chaleur, et voilà une récolte largement au-dessus de ce que Thomas avait prévu d’écouler.
Une bonne nouvelle plutôt rare : en Suisse, seuls 350 apiculteurs sont certifiés Bourgeon (bio), et la demande en miel bio dépasse généralement largement ce que la production locale peut fournir, une partie de ce qu’on trouve en rayon vient en réalité de l’étranger.
Thomas installe ses premières ruches en 2012, à Apples, dans le district de Morges. Depuis 2018, l’exploitation est certifiée Bourgeon (Bio Suisse), ses ruchers s’étendent aujourd’hui sur plusieurs communes du canton de Vaud, du bord du lac Léman à Allaman jusqu’au pied du Jura à Mont-la-Ville, en passant par Etoy, Yens et Denens.
Sa philosophie : s’adapter à ses abeilles, pas l’inverse. Il choisit chaque emplacement pour sa biodiversité, pour laisser à ses colonies un accès généreux au pollen et au nectar. Une partie de ce pollen est aussi récoltée à part : une vraie petite bombe nutritionnelle, riche en protéines, vitamines et acides aminés essentiels, à saupoudrer sur un yaourt, un porridge ou un smoothie.
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Derrière le Bourgeon (label Bio Suisse), des règles précises : des ruches en matériaux naturels, des abeilles qui passent l’hiver sur leur propre miel et pollen plutôt que sur du sucre industriel, aucun traitement chimique de synthèse contre le varroa, et des ruchers installés sur des surfaces elles-mêmes bio.
Le miel Bourgeon ne peut pas dépasser 18% d’humidité, gage d’une meilleure conservation : bien gardé, à l’abri de la lumière, un pot peut se garder plusieurs années. De quoi en mettre quelques-uns de côté pour un cadeau de Noël tout trouvé !
Le miel se déguste un peu comme le vin : on observe sa couleur, on hume son parfum avant même d’y goûter, puis on le laisse fondre en bouche pour en dérouler les arômes, plutôt que de l’avaler tout de suite. Son goût dépend presque entièrement de ce que les abeilles ont butiné, donc de la saison et du paysage autour de la ruche.
Les miels de printemps, récolté fin mars à mai, reste clair et doux : ce sont les toutes premières fleurs qui dominent, avec des notes légères et florales.
Les miels d’été, récolté de fin mai à juillet, vire à l’ambré et se corse : nectars plus tardifs, miellats de forêt, une palette plus ronde et plus intense.
Même apiculteur, plusieurs ruchers et saisons, des miels à des années-lumière l’un de l’autre ! De quoi s’amuser à les comparer, cuillère après cuillère.
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